QUEL MONDE POUR NOS ENFANTS ?

Que reste-t-il aujourd’hui du “monde des bisounours” réservé habituellement à nos enfants? 

Où est passée cette bulle protectrice autour des enfants pour les préserver des difficultés quotidiennes? 

Ce privilège que nous avons pu vivre étant enfant a disparu. Nos parents avaient la lourde tâche de nous éveiller aux potentiels dangers de la vie, à nous faire comprendre que le monde de l’enfance n’était pas si réel, lorsqu’ils le jugeaient nécessaire et à leur manière. 

Aujourd’hui, les actualités avec leur cortège de faits divers et d’état d’urgence sanitaire ou autre rythment les leçons éducatives !

Agressions sexuelles, féminicides, Covid, confinement, et maintenant : la guerre ! 

A peine sorti du haut de la vague de la crise de la COVID, c’est au tour de la guerre en Ukraine, de passer de manière légitime sur tous nos canaux d’informations. Mais que comprennent vraiment nos enfants ? 

  • Pour le plus âgé, la guerre était un mot parmi tant d’autres dans son manuel d’histoire. Véritable relique du passé, les mots “tranché, cachette, résistance” appartenaient à une vieille histoire mondiale. 
  • Pour le plus jeune, la guerre correspond à un jeu dans la cour, une dispute, un conflit sans réelles conséquences. “ Avec Paul on a fait la guerre ce matin mais après on a joué au ballon!” 

Vous l’aurez compris : selon leur âge, nos enfants n’ont pas la même perception des évènements. Contrairement à nous, qui prenons la mesure des conséquences actuelles et futures de ce conflit, nos enfants appréhendent cette guerre de manière différente. 

Nul ne sert donc de générer davantage d’anxiété autour de ce climat mondial déjà bien trop anxiogène pour eux, depuis plus de 2 ans maintenant.

  • Communiquer avec votre enfant sur la guerre UNIQUEMENT s’il vous pose des questions. Puis reformulez ce qu’il vient de vous dire afin de bien s’assurer des représentations du moment. Par exemple

  • « Dis maman, c’est quoi la guerre? »
  •  « Et toi, tu penses que c’est quoi la guerre? »

Lorsque votre enfant vous répond, ne corrigez QUE le nécessaire sans en rajouter. Cela vous permettra de respecter son stade de maturité émotionnel et intellectuel.

  • Prenez-le temps d’argumenter quand ses croyances sont erronées. Les enfants et les adolescents parlent entre eux, et ne partagent pas toujours des informations réelles. Bien souvent, la répétition maladroite de propos, les idées politiques des parents qui sont entendues mais pas réellement comprises, la peur, entraînent de nombreuses distorsions cognitives ; une modification de la réalité. 

  • Limitez son temps d’exposition aux médias en évitant tant que possible qu’il soit seul face aux JT ou émissions relatives à la guerre. Pour les plus petits, il n’est pas nécessaire qu’ils assistent aux images du conflit. Pour les plus grands, restez avec eux afin de contrôler ce qu’ils peuvent voir ou non, et verbaliser de manière systématique les images visionnées. 

  • Soyez patient et prêt à devoir répéter de nombreuses fois les mêmes explications. La répétition apporte un sentiment de sécurité aux enfants. Il arrivera donc que votre enfant vous demande de lui expliquer de nouveau un élément que vous lui aviez déjà dit. Prenez le temps de répéter sans vous agacer afin de diminuer son anxiété. 

  • Pour terminer soyez francs avec eux. Vous n’avez aucune raison de leur mentir sur une hypothétique issue du conflit: n’extrapolez pas et restez factuels. Car finalement, malgré le fait que vous soyez davantage armés de connaissances et de maturité, vous êtes comme eux, et comme nous tous face à l’inconnu. 

Vous aurez compris qu’il est essentiel de communiquer sur des sujets tels que la guerre en UKRAINE, tout en apportant des réponses éducatives adaptées à l’âge et à la maturité de nos enfants. 

Gardons malgré tout dans un coin de notre tête que ce monde laisse de moins en moins de place aux rêveries et illusions infantiles. Qu’il va falloir, de manière urgente, s’occuper de la santé mentale de nos enfants, qui grandissent aujourd’hui dans un climat anxiogène, amplificateur d’un sentiment de paranoïa (“Que va-t-il m’arriver si je sors de chez moi? : COVID, bombardement?”) 

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